Une photographie nationale à 2 h 18
Le mercredi 7 octobre 2026 à 2 h 18, EssenceRadar comptait 1 580 stations sur 9 842 présentes dans le flux officiel du ministère de l’Économie avec au moins un carburant déclaré en rupture depuis moins de trente jours, soit 16,1 %. Ce chiffre ne signifie pas que 1 580 stations sont complètement vides : une station où seul le SP98 manque entre déjà dans ce compteur.
Dans le détail du même relevé, le SP98 est le carburant le plus souvent signalé indisponible, avec 1 117 stations concernées, soit 13,7 % de celles qui en vendent. L’E10 suit avec 651 stations et le gazole avec 600. Les chiffres changent au fil des déclarations et des réapprovisionnements ; ils doivent donc toujours être accompagnés de l’heure du relevé.
Le Gouvernement rappelle que près de 9 900 stations sont suivies quotidiennement et que les données d’approvisionnement sont renseignées par les exploitants. Sa définition d’une station « en difficulté » est plus restrictive pour l’essence : il faut que l’ensemble des essences distribuées soit indisponible. C’est pourquoi deux sites utilisant le même flux peuvent afficher des totaux différents sans nécessairement se contredire.
TotalEnergies concentre une grande partie des ruptures déclarées
À 0 h 15, le suivi spécifique d’EssenceRadar recensait 1 301 stations TotalEnergies et Total Access avec au moins un carburant en rupture sur 2 284 stations identifiées dans le flux, soit 57 %. Parmi les autres stations, le site en comptait 279 sur 7 557, soit 3,7 %. La source précise que l’identification de l’enseigne repose sur OpenStreetMap et qu’elle ne couvre donc pas nécessairement tout le réseau TotalEnergies.
Ces proportions décrivent un état de stock déclaré, pas sa cause. Il serait incorrect d’attribuer automatiquement les ruptures observées le 7 octobre à la grève prévue le lendemain. Les tensions logistiques et les comportements d’achat ont évolué depuis plusieurs semaines. L’analyse du rôle des supermarchés dans le prix des carburants rappelle d’ailleurs que les stations de grande surface répondent aussi à des logiques locales de prix, de trafic et d’approvisionnement.
Une grève est annoncée pour le jeudi 8 octobre
La CGT de TotalEnergies a appelé à une grève le 8 octobre « sur tous les sites du groupe », selon une dépêche AFP publiée le 16 septembre et reprise par Boursorama. Le syndicat cite notamment les raffineries et certaines stations-service. La filiale Argedis, qui gère environ 180 stations principalement sur autoroute selon cette même dépêche, est également concernée par l’appel.
Le responsable syndical cité par l’AFP indique que le mouvement pourrait entraîner des arrêts d’expédition ou des fermetures de stations selon la participation et les modalités locales. Ce conditionnel est essentiel : au matin du 7 octobre, il n’existe pas de base factuelle permettant d’annoncer une paralysie nationale le lendemain. EssenceRadar indique explicitement qu’il suivra le flux sans prédire l’effet du mouvement.
Pour un automobiliste, le bon réflexe n’est donc pas de transformer un appel à la grève en certitude de pénurie. Les opérations de carburant à prix coûtant ont montré que quelques centimes peuvent attirer rapidement du trafic en station ; un afflux local peut aussi modifier les stocks sans renseigner, à lui seul, sur l’état national de l’approvisionnement.
Comment vérifier avant de se déplacer
Le site public prix-carburants.gouv.fr permet de consulter les prix par station et de rechercher un carburant le long d’un trajet. Info.gouv renvoie également vers une carte d’approvisionnement régionale. Ces outils sont plus utiles qu’une moyenne nationale lorsque l’objectif est simplement de savoir où faire le plein près de chez soi.
Il faut vérifier le carburant précis dont on a besoin. Une station peut manquer de SP98 tout en disposant d’E10 et de gazole. À l’inverse, un affichage ancien peut être moins fiable si l’exploitant n’a pas encore mis à jour son statut. Le comparatif des réseaux sur le diesel rappelle aussi qu’un classement de prix doit toujours être lu à la date du relevé, car les écarts évoluent rapidement.
Pour éviter un détour coûteux, comparez la disponibilité et le prix sur votre trajet réel. Une différence de quelques centimes ne compense pas toujours plusieurs kilomètres supplémentaires, surtout lorsque les carburants dépassent 2 euros le litre dans de nombreuses zones.
Conclusion pratique
Le chiffre du matin du 7 octobre est clair : 16,1 % des stations suivies par EssenceRadar dans le flux officiel avaient au moins un carburant en rupture récente, sans que cela signifie une panne sèche généralisée. La grève TotalEnergies annoncée pour le 8 octobre doit être suivie avec des données horaires, sans lui attribuer à l’avance les ruptures déjà visibles. Avant de partir, vérifiez le carburant recherché et l’état de la station sur les outils officiels.
FAQ
1 580 stations sont-elles totalement à sec ?
Non. Le compteur signifie qu’au moins un carburant est déclaré en rupture récente.
La grève du 8 octobre explique-t-elle les ruptures du 7 ?
Non. Le flux indique qu’un produit manque, pas pourquoi. Il ne permet pas d’attribuer automatiquement la situation actuelle à la grève.
Où vérifier une station précise ?
Sur prix-carburants.gouv.fr et sur la carte d’approvisionnement relayée par info.gouv.fr.
Les chiffres peuvent-ils changer dans la journée ?
Oui. Les déclarations de rupture et les réapprovisionnements évoluent au fil des heures.



