Gaspillage alimentaire : un nouvel observatoire chiffre les pratiques de 138 magasins

Les remises à date courte ressortent parmi les outils les mieux notés

Le nouvel observatoire de la Fédération du Commerce et de la Distribution et de Perifem cherche à mesurer ce que les magasins font réellement contre le gaspillage. L’édition 2026 repose sur les réponses de 138 magasins appartenant à dix enseignes contributrices. Il ne s’agit donc pas d’un recensement de tous les supermarchés français, mais d’un premier échantillon commun destiné à suivre les pratiques dans le temps.

Le « stickage » en zone dédiée, c’est-à-dire la réduction de prix appliquée aux produits à vendre rapidement et regroupés dans un espace spécifique, ressort fortement. 70 % des répondants le classent parmi les cinq actions les plus efficaces et 29 % le placent en tête. Les outils de gestion des commandes sont également bien notés : 56,9 % les citent parmi les cinq solutions les plus efficaces, et 36,9 % comme la mesure la plus performante.

Ces résultats rejoignent les pratiques décrites dans le dossier sur les obligations anti-gaspillage des supermarchés : éviter l’invendu reste préférable à devoir le traiter ensuite. Une remise appliquée assez tôt peut transformer un produit qui risquait d’être perdu en achat utile, à condition que le consommateur puisse réellement le manger avant sa date limite.

Une première mesure de la casse nette, mais sur seulement 44 magasins

L’observatoire introduit un indicateur commun de « casse nette », qui correspond aux marchandises alimentaires restant réellement à la charge du magasin après prise en compte notamment des ventes remisées, paniers anti-gaspillage, dons ou autres formes de valorisation. Parmi les 44 magasins ayant renseigné cet indicateur, le taux moyen atteint 0,71 % du chiffre d’affaires alimentaire.

Dans cet échantillon, le taux ressort à 0,5 % dans les hypermarchés répondants, 0,9 % dans les supermarchés et 2 % dans les magasins de proximité. Ces valeurs ne doivent pas être transformées en moyenne nationale : moins d’un tiers des 138 magasins de l’étude ont fourni cet indicateur. Leur intérêt est surtout de créer une base de mesure commune pour les prochaines éditions.

Le don est largement présent, mais la collecte reste un point faible

Le don alimentaire est déjà très répandu dans l’échantillon. 94 % des points de vente interrogés déclarent au moins un partenariat avec une association pour l’alimentation humaine, avec une moyenne de 1,9 association partenaire par magasin. Parmi les 68 magasins ayant renseigné la valeur des dons, la moyenne annuelle atteint 73 219 euros.

Le point de friction apparaît après la mise de côté des produits. 40,5 % des points de vente déclarent avoir parfois dû détruire des denrées encore consommables faute de solution de collecte. Les difficultés citées concernent notamment la fréquence des ramassages, les week-ends et jours fériés, l’absence de véhicules adaptés ou l’indisponibilité d’associations.

Le sujet complète celui du tri des biodéchets. Le tri intervient lorsque l’aliment devient un déchet ; le don et la remise à date courte cherchent au contraire à éviter qu’une denrée encore consommable ne bascule dans cette catégorie. Les deux étapes sont nécessaires, mais elles ne se situent pas au même endroit dans la chaîne.

Ce que le consommateur peut observer en magasin

Pour le client, l’observatoire donne des repères très concrets. Un rayon de dates courtes bien visible, des remises appliquées avant le dernier moment, des paniers de fruits et légumes anti-gaspi et une rotation régulière des produits montrent que le magasin essaie de trouver un débouché avant la perte. Environ 60 % des magasins interrogés indiquent proposer directement des paniers anti-gaspillage de fruits et légumes.

Le consommateur doit cependant rester sélectif. Acheter une denrée remisée qui finira dans sa propre poubelle déplace simplement le gaspillage du magasin vers le foyer. Une bonne affaire anti-gaspi est un produit utile, consommable dans les délais et moins cher qu’une alternative comparable.

L’Observatoire souligne enfin que le label national anti-gaspillage reste peu connu : seuls 16 % des points de vente interrogés estiment qu’il est moyennement ou très connu de leurs clients. La visibilité des pratiques peut donc devenir un enjeu aussi important que leur déploiement. Les actualités des supermarchés permettent de suivre ces évolutions au fil des nouvelles initiatives et des prochains indicateurs publiés.

FAQ

Combien de magasins participent au premier observatoire ?

138 magasins issus de dix enseignes contributrices.

Quel est le taux moyen de casse nette mesuré ?

0,71 % du chiffre d’affaires alimentaire parmi les 44 magasins ayant renseigné cet indicateur. Ce chiffre ne doit pas être présenté comme une moyenne nationale.

Pourquoi des aliments encore consommables sont-ils parfois détruits ?

40,5 % des répondants disent que cela arrive parfois faute de solution de collecte, notamment les week-ends, jours fériés ou lorsque les associations et véhicules ne sont pas disponibles.

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