C’est promis, jamais de viande originaire du Mercosur chez Carrefour

Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a pris l’engagement de ne pas commercialiser de viande en provenance des pays du Mercosur et invite les « acteurs de la restauration » à en faire de même. Il précise que 96 % du porc et du bœuf vendus chez Carrefour sont originaires de France.

La menace des produits agricoles des pays du Mercosur

L’Union européenne s’apprête à signer avec les pays latino-américains du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) un accord de libre-échange en vertu duquel ils pourraient exporter en Europe leurs produits agricoles (viande bovine, volaille, porc, miel, sucre…). Les producteurs français s’élèvent contre l’importation de ces denrées qui ne remplissent pas les normes sociales, environnementales et sanitaires auxquelles ils sont tenus en France. La mise en œuvre d’un tel accord de libre-échange créerait les conditions d’une concurrence déloyale et condamnerait un certain nombre d’exploitations.

Carrefour prend le parti des producteurs français

Face à la mobilisation agricole contre le projet d’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, l’enseigne Carrefour s’est engagée à « ne commercialiser aucune viande en provenance du Mercosur ».
Le patron de l’enseigne, Alexandre Bompard, a publié sur X son courrier du 20 novembre adressé à la FNSEA, principal syndicat agricole, où il admet le « risque de débordement sur le marché français d’une production de viande ne respectant pas ses exigences et ses normes ». Il précise que le bœuf et le porc distribués dans les supermarchés Carrefour sont à 96 % d’origine française.
Deuxième acteur français de la distribution derrière E. Leclerc, Alexandre Bompard espère entraîner derrière lui les enseignes de la filière agroalimentaire, en particulier celles « de la restauration hors domicile, qui représentent plus de 30 % de la consommation de viande en France – mais dont 60 % est importée – ». Leur convergence serait de nature à empêcher les contournements et rassurerait les éleveurs.

Au risque d’un double discours

Dans l’appel du 15 novembre de BusinessEurope à « accélérer la conclusion des négociations de l’accord de libre-échange UE-Mercosur », au motif qu’il pouvait « contribuer à atténuer les défis posés par l’instabilité géopolitique et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement », on relève qu’EuroCommerce, le lobby européen des supermarchés, fait partie des 78 fédérations professionnelles signataires. Or, parmi les membres d’EuroCommerce, figure la Fédération patronale des supermarchés français présidée par Alexandre Bompard. Au fond, l’accord de libre-échange ne contrarie en rien les intérêts d’un groupe comme Carrefour, d’ailleurs très implanté en Amérique latine et comptant parmi ses enseignes des géants brésiliens de la distribution discount qui font déjà leurs premiers pas en France.

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