Un dispositif commun à plusieurs enseignes
Depuis le 12 juin 2025, des emballages réemployables sont proposés dans des magasins de quatre grandes régions : Bretagne, Normandie, Pays de la Loire et Hauts-de-France. Citeo indique que plus de 360 points de vente participent désormais à l’expérimentation et que 16 millions de consommateurs se trouvent dans les territoires concernés. Près de 170 références sont associées à cette phase de test, avec une cinquantaine de marques, metteurs en marché et distributeurs engagés.
L’originalité du dispositif tient au fait qu’il est mutualisé. Six distributeurs accueillent des équipements de récupération : Carrefour, Coopérative U, Intermarché, Monoprix, E.Leclerc et La Brasserie du Bout du Monde. Cela signifie qu’un même modèle de boucle de collecte, transport, tri et lavage est conçu pour fonctionner au-delà d’une seule marque. Le panorama des enseignes par région aide à comprendre pourquoi la présence de plusieurs réseaux est essentielle pour qu’un geste de retour devienne pratique à l’échelle d’un territoire.
108 000 emballages retournés après douze mois
Le bilan publié par Citeo le 1er juillet donne des premières mesures concrètes : 518 000 produits consignés ont été vendus et 108 000 emballages retournés. Le taux de retour moyen est annoncé à 24 %, avec des performances pouvant atteindre 60 % selon les situations. Les participants évaluent l’expérience d’achat à 8,6 sur 10. Ces chiffres montrent à la fois l’intérêt du dispositif et le chemin restant à parcourir : la majorité des emballages vendus dans le périmètre mesuré n’est pas encore revenue dans la boucle.
L’objectif est justement de comprendre ce qui augmente le taux de retour : proximité d’un point de collecte, visibilité de la consigne, simplicité de la machine, habitudes du client ou capacité à stocker les emballages chez soi. Contrairement à un emballage à usage unique, la performance du réemploi dépend du nombre de cycles réellement effectués. Un contenant réemployable qui ne revient pas ne produit pas le même bénéfice qu’un contenant qui est lavé et réutilisé plusieurs fois.
Comment récupérer les 10 ou 20 centimes de consigne
Deux types d’équipements sont prévus. Les automates permettent de déposer les emballages en libre-service : ils sont scannés puis stockés avant collecte. Dans la version semi-manuelle, un employé du magasin scanne les contenants avec une douchette. Dans les deux cas, Citeo indique que le montant de consigne est restitué au consommateur. Le niveau annoncé va de 10 centimes pour les petits formats à 20 centimes pour les plus grands.
Le geste est donc différent du simple tri à domicile : le consommateur garde l’emballage, le rapporte dans un point participant et récupère la somme immobilisée à l’achat. Le système renoue avec la logique historique de la consigne tout en l’adaptant à plusieurs enseignes. Pour mettre cette expérimentation en perspective, le dossier zéro déchet montre que la suppression ou la réduction des emballages est déjà un axe de transformation de certains commerces alimentaires.
Des bouteilles standardisées pour simplifier la boucle
Citeo a créé des emballages standard « R-Cœur » accessibles en open source afin que plusieurs acteurs puissent utiliser les mêmes références et mutualiser les opérations. Les premières disponibles en magasin comprenaient notamment une bouteille à goulot large d’un litre pour le lait, les jus et les soupes et une bouteille ambrée de 75 cl pour la bière. En 2026, la gamme comprend aussi d’autres bouteilles, des pots et des formats pour le vin.
La logistique est structurée autour de deux centres de lavage cités par Citeo, près de Carquefou et près de Lille, et d’un prestataire unique, GO! Réemploi, sélectionné pour deux ans entre février 2025 et février 2027.
Une expérimentation régionale avec un objectif national
Le projet n’est pas encore un dispositif déployé partout en France. Les quatre régions servent de terrain d’expérimentation à un système que Citeo veut rendre national et mutualisé. C’est précisément ce qui donne au sujet un intérêt au-delà des consommateurs qui disposent déjà d’un point de retour : les données de taux de retour, de satisfaction et de logistique vont orienter la capacité du réemploi à changer d’échelle.
Pour le client, le test est simple : vérifier si son magasin participe, identifier le montant de consigne, conserver l’emballage sans le jeter, puis le rapporter dans un équipement compatible. Le remboursement de 10 ou 20 centimes n’est pas une remise : il correspond au retour du dépôt payé avec l’emballage.



