Une nouvelle étape pour les grandes surfaces
Les habitudes de courses pourraient évoluer progressivement dans les prochaines années. À partir du 1er janvier 2030, les supermarchés de plus de 400 m² devront proposer une part plus importante de produits sans emballage primaire. Cette mesure concerne notamment les grandes enseignes comme Carrefour, E.Leclerc, Super U et d’autres acteurs de la distribution.
Cette évolution s’inscrit dans la loi Climat et Résilience, adoptée en 2021. Elle vise à réduire les emballages jetables placés directement au contact des produits. Un décret publié le 19 novembre 2025 a précisé le calendrier et les modalités d’application de cette obligation.
Un objectif fixé à 20 %
Les magasins concernés devront atteindre un objectif de 20 % de produits sans emballage primaire. Cette part pourra être calculée selon plusieurs critères : la surface de vente, le chiffre d’affaires ou le nombre de références proposées.
La loi ne fixe donc pas un modèle unique. Les enseignes pourront adapter leurs rayons en combinant plusieurs solutions. Le vrac, les contenants réemployables, les bouteilles consignées ou encore les bornes de recharge pour la lessive et le liquide vaisselle pourraient ainsi prendre davantage de place.
Le contrôle de ces obligations relèvera de la DGCCRF. Certaines catégories de produits bénéficieront toutefois de règles de calcul particulières. C’est le cas notamment des boissons alcoolisées, des cosmétiques, des détergents ou de certains produits d’hygiène à usage unique.
Des rayons appelés à évoluer
Concrètement, les changements devraient apparaître par étapes. Les consommateurs pourraient voir davantage de zones de vrac, des espaces pour rapporter des contenants ou des stations de recharge dans leurs magasins habituels.
Cette transition reste toutefois importante pour la grande distribution. Une enquête menée en février par l’association Que Choisir Ensemble et l’ONG No Plastic In My Sea sur 1 659 magasins montre que la présence du vrac a reculé. La part des supermarchés en proposant serait passée de 57 % en 2023 à 38 % en 2026. Le nombre moyen de références en vrac aurait également diminué, de 56 à 44.
L’enquête relève aussi une forte présence d’emballages sur les fruits et légumes, y compris dans les rayons bio. Côté réemploi, les chiffres cités restent encore limités, avec 0,9 % d’emballages réemployés déclarés par la Coopérative U et 90 produits réemployables recensés chez Carrefour.
D’ici 2030, les enseignes devront donc accélérer leur adaptation. Pour les clients, cela pourrait signifier de nouvelles habitudes : apporter un contenant, utiliser une recharge ou choisir plus souvent des produits vendus sans emballage jetable.



